le rapport infirmier en santé au travail
création
le 05/01/2010

Dans
un sondage réalisé en 2007 par le Groupement des Infirmier(e)s du
Travail (GIT), 54% d'IST rédigent un rapport annuel infirmier, réparti
comme suit : 40% sous forme d'un rapport annuel indépendant et
personnalisé, 34% inclus dans le rapport médical dans un
paragraphe dédié aux IST et 26% en annexe du rapport du médecin du
travail.
Parmi les 46% des IST qui n'en rédigent pas, 87%
soutaiteraient le faire.
Bien
que sans caractère obligatoire, le rapport infirmier est
un
outil permettant de faire le point de l'activité des l'IST et de faire
connaitre
les actions infirmières auprès de l'employeur et du CHSCT (entre
autres) et
ainsi proposer des actions aux différentes
personnes auxquelles il est présenté.
Cette
page vous donnera quelques pistes pour rédiger votre rapport
infirmier.
Objectifs
Le
rapport infirmier n'est
pas obligatoire comme l'est celui du médecin du travail. Ainsi sa forme
et les éléments qui le composent sont laissés au libre choix de
l'infirmier(e) qui le rédige.
Il a différents buts :
-
faire un bilan de l'année écoulée
- faire connaitre le travail
infirmier aux
différents intervenants auxquels il est distribué,
- s'intégrer dans
les projets de l'entreprise,
- permettre la mise en place de projets
en justifiant les moyens (temps, coûts, formations, etc ...)

L'article 226-13 n'est pas
applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du
secret. En outre, il n'est pas applicable
:
1° A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou
administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu'il s'agit
d'atteintes ou mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui
ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure
de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou
psychique ;
2° Au médecin qui, avec l'accord de la victime, porte à la
connaissance du procureur de la République les sévices ou privations
qu'il a constatés, sur le plan physique ou psychique, dans l'exercice
de sa profession et qui lui permettent de présumer que des violences
physiques, sexuelles ou psychiques de toute nature ont été commises.
Lorsque la victime est un mineur ou une personne qui n'est pas en
mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité
physique ou psychique, son accord n'est pas nécessaire ;
3° Aux professionnels de la santé ou de l'action sociale qui informent
le préfet et, à Paris, le préfet de
police du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des
personnes qui les
consultent et dont ils savent qu'elles détiennent une arme ou qu'elles
ont manifesté leur intention d'en acquérir une.Le signalement aux
autorités compétentes effectué dans les conditions prévues au présent
article ne peut faire l'objet d'aucune
sanction disciplinaire.

Présentation
Le
rapport infirmier est un document qui doit répondre aux critères d'un
document de travail. La présentation est importante, il pourra être
relié, paginé, et surtout sans faute d'orthographe.
Les
différents
éléments
du rapport sont
la page de garde
- le titre
- l'année
- l'entreprise
- l'auteur
On
peut ajouter une photo ou le logo de l'entreprise et divers éléments,
mais cette page doit rester sobre.
le sommaireIl peut être fait
de manière automatique avec un traitement de texte.
Il permet de
retrouver facilement une partie du rapport.
l'introductionElle
présente
succintement le rapport infirmier.
Le
rapport proprement ditLe contenu du rapport devra être
clair, et bien classé et numéroté. Il peut comprendre des histogrammes,
des courbes
pour faciliter la lecture.
Le contenu du rapport est détaillé dans
le
paragraphe suivant.
La
conclusionElle reprend les grandes lignes du rapport
mais aussi le contexte de l'entreprise et les faits marquants de
l'année.
Les annexesCe
sont les
documents cités dans le rapport, les textes législatifs, les résultats
des actions menées en cours d'année, des programmes de formations
réalisées par l'infirmier(e).
Le contenu du rapport
Le
contenu n'est pas figé comme celui du médecin du travail, mais il
est possible de s'en inspirer quand on fait son premier rapport annuel.
Je
vous propose une répartition possible parmi d'autres, chacun pourra
l'adapter selon ses besoins.
I - présentation
I-1 L'entreprise
- Nom, adresse, n°
siret et activité de l'entreprise
- Effectifs, répartions
hommes/femmes, horaires de travail ...
(ces données pourront
provenir du bilan social de l'entreprise)
I-2 Le
service de santé au travail- service médical
inter entreprise ou autonome (adresse si elle est différente)
- médecin
du travail, nom et nombre, jours de présence,
- infirmier,
nom
et nombre, % de temps de travail
- secrétaire
- IPRP
-
Législation
concernant l'infirmier de santé au travail (Code du Travail et Code de
la Santé Publique)
II -
activités du service médical du travail
Cette partie
peut reprendre des informations du rapport du médecin du travail

- effectifs
surveillés et SMR
- nombre de visites obligatoires,
- nombre
d'examens complémentaires,
- vaccins (nombre, type et conditions
d'administration)
- tiers temps
avec le médecin du travail
- protocoles ...
Activités
infirmières
en l'absence du médecin du travail

(cette partie peut détailler
les
actes de l'infirmier sous la responsabilité et en l'absence du médecin
du travail)
-
consultations ou entretiens infirmiers (nombre, motifs)
- divers
soins (prise de TA, écoute, conseil ...)
III - Actions de prévention
III-1- organisation des secours-
achat et suivi du matériel de secours (pharmacie d'urgence, etc )
-
vérification des défibrillateurs (nombre)
III-2-
enquêtes après accidents du travailpropositions de
modifications,
d'améliorations, ...
III-3-études
de postesIII-4-
métrologie
III-5-
actions de formation et d'information
-
formations SST

nombre total de
SST, nombre de formations et de
recyclages dans l'année, ...
- formations Prap, EPI ...
-
formations d'étudiants infirmiers
IV -
actions de santé publique
-
organisation de dons du sang (nombre de collectes, nombre de personnes
prelevées...)
- campagne de prévention HTA, diététique, surdité etc
V -
formations de l'infirmier
Les
formations effectuées en
cours
d'année seront précisées avec la date, la durée, le lieu et si possible
le programme complet en annexe.
VI - Plan d'action
Cette partie peut
détailler les projets et les moyens (formation, coûts,
...) à mettre en oeuvre.
VII
- divers
Dans cette rubrique peuvent figurer des actions
professionnelles hors du milieu du travail comme la participation à
l'ordre infirmier ou à une association d'infirmiers, des écrits dans
des revues ou une présentation lors de conférences.
Style et mise en page

La rédaction du rapport se fait à l'aide
d'un traitement de texte (word, open office writer, ...). L'utilisation
d'un traitement de texte facilite la rédaction du rapport et permet une
mise en page rapide. Une formation d'un jour ou deux permet de
connaitre les rudiments d'un logiciel de traitement de texte.
Plus
généralement, il faut utiliser une seule police de caractère, de
couleur sombre (bleu foncé ou noir), une marge suffisante permettant au
lecteur de mettre des notes.
Les paragraphes seront bien séparés,
aérés et numérotés (1, 2, 3 ... I, II, III, ... a), b), c) ...) de
façon à se retrouver facilement dans le rapport.
Le pied de page
permet de placer automatiquement le titre du rapport, l'auteur et le
numéro de page.
Les graphiques, courbes, organigrammes seront
toujours accompagnés d'une légende.
Tous les logiciels de traitement
de texte possèdent un correcteur orthographique, ils sont bien
pratiques mais n'évitent pas une relecture.
Outils
Certains logiciels
de santé au travail permettent de noter des actes effectués par
les IST. Avec d'autres, on peut simplement retrouver le nombre
d'examens complémentaires réalisés. Cette spécificité doit être prise
en compte lors de l'acquisition d'un logiciel spécifique pour le
service de santé au travail.

Sans logiciel spécialisé, les
données chiffrées du rapport infirmier pourront être notées tout au
long de l'année dans un tableur (excel, open office calc, ...) ou dans
un registre ou cahier avec des colonnes puis dans un récapitulatif
par mois ou par semaine, selon le nombre d'actes effectuées (nombre
d'examens complémentaires, de vaccins, de soins comme réfection de
pansement, surveillance de tension artérielle, entretien, conseils
divers, ...)
Les tableurs permettent de créer facilement des
graphiques et des histogrammes qui permettent de voir les évolutions et
les faits marquants du rapport.
Comme pour les logiciels de
traitement de texte, une formation courte permet d'utiliser
efficacement les logiciels de santé au travail et les tableurs.
Diffusion
Selon les entreprises,
le rapport infirmier sera distribué aux personnes suivantes :
au N+1
(rh ou responsble sécurité)
au médecin du travail
au CHSCT
au
MIRTMO
Avant la diffusion "officielle", le rapport pourra être
relu par un nombre restreint de personnes (médecin du travail, N+1,
...) pour d'éventuelles corrections.
Un
diaporama
reprenant les faits principaux pourra être présenté lors d'un CHSCT.
Conclusion
Faire un
rapport annuel infirmier, n'est pas très compliqué, il faut se lancer
en commençant par un bilan d'activité simple la première année et qui
pourra évoluer au fil du temps.
Le début de l'année est l'occasion
de commencer à classer, noter, trier les informations qui devront
figurer dans ce rapport.
La trame pourra être utilisée d'une année
sur l'autre en utilisant les outils informatiques comme les traitements
de texte et les tableurs pour les calculs et les graphiques.
Les
retours que vous en aurez vous donneront des indications sur les points
à approfondir dans celui de l'année suivante.
Bon courage.
En
savoir plus
Revue du GIT n°61 du 1
er semestre 2007
inrs
:
Compte-rendu
du 29e Congrès de médecine et
santé au travail (Lyon du 30 mai au 2 juin 2006) td151
JP
Fragniere "comment rédiger un mémoire" ed Dunod
"
Comment
rédiger un rapport ou une publication scientifique" par le
prof Alexandre Buttler sept 2002, université de Franche Comté
site
IST
L'informatique en santé au
travailsite IST
diaporama