Les IST sont avant tout des infirmiers et sont, comme leurs
confrères hospitaliers et extra hospitaliers, soumis au secret
professionnel.
Mais en entreprise, les données sont un peu différentes. Avec le
médecin du travail et quelquefois d'autres IST, l'infirmier(e) est la
seule personne a détenir des informations "confidentielles". Comment
répondre aux questions des salariés, des collègues, des ressources
humaines, des chefs d'équipe, de la sécurité ... sans commettre
d'impair ? Quelles informations peut-on donner ? Ce dossier vous
donnera quelques indications.
"Secret professionnel : interdiction légale
de divulguer un secret dont on a eu connaissance dans l'exercice
de ses fonctions" Dictionnaire encyclopédique Larousse
Législation
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La révélation d'une
information à caractère secret par une personne
qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison
d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an
d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.
L'article 226-13 n'est pas
applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du
secret. En outre, il n'est pas applicable
:
1° A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou
administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu'il s'agit
d'atteintes ou mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui
ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure
de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou
psychique ;
2° Au médecin qui, avec l'accord de la victime, porte à la
connaissance du procureur de la République les sévices ou privations
qu'il a constatés, sur le plan physique ou psychique, dans l'exercice
de sa profession et qui lui permettent de présumer que des violences
physiques, sexuelles ou psychiques de toute nature ont été commises.
Lorsque la victime est un mineur ou une personne qui n'est pas en
mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité
physique ou psychique, son accord n'est pas nécessaire ;
3° Aux professionnels de la santé ou de l'action sociale qui informent
le préfet et, à Paris, le préfet de
police du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des
personnes qui les
consultent et dont ils savent qu'elles détiennent une arme ou qu'elles
ont manifesté leur intention d'en acquérir une.Le signalement aux
autorités compétentes effectué dans les conditions prévues au présent
article ne peut faire l'objet d'aucune
sanction disciplinaire.
Le secret professionnel
s'impose à tout infirmier ou infirmière et
à tout étudiant infirmier dans les conditions établies par la loi. Le
secret couvre non seulement ce qui lui
a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, lu, entendu, constaté ou
compris. L'infirmier ou l'infirmière instruit ses collaborateurs de
leurs obligations en matière de secret professionnel et veille à ce
qu'ils s'y conforment.
L'infirmier
ou l'infirmière doit, sur le lieu de son exercice, veiller
à préserver autant qu'il lui est possible la confidentialité des soins
dispensés.
L'infirmier
ou l'infirmière doit prendre toutes précautions en son
pouvoir pour éviter que des personnes non autorisées puissent avoir
accès aux médicaments et produits qu'il est appelé à utiliser dans le
cadre de son exercice.
Dans
le cas où il est interrogé à l'occasion d'une procédure
disciplinaire, l'infirmier ou l'infirmière est tenu, dans la mesure
compatible avec le respect du secret professionnel, de révéler les
faits utiles à l'instruction parvenus à sa connaissance.
L'infirmier
ou l'infirmière peut établir pour chaque patient un
dossier de soins infirmiers contenant tous les éléments relatifs à son
propre rôle et permettant le suivi du patient.
L'infirmier ou l'infirmière, quel que
soit son mode d'exercice,
doit veiller à la protection contre toute indiscrétion de ses fiches de
soins et des documents qu'il peut détenir concernant les patients qu'il
prend en charge. Lorsqu'il a recours à des procédés informatiques, quel
que soit le moyen de stockage des données, il doit prendre toutes les
mesures qui sont de son ressort pour en assurer la protection,
notamment au regard des règles du secret professionnel.
Le
fait pour un directeur ou un salarié de
révéler ou de tenter de révéler un secret de fabrication La
juridiction peut également prononcer,
à titre de peine complémentaire, pour une durée de cinq ans au plus,
l'interdiction des droits civiques, civils et de famille prévue par
l'article 131-26 du
code pénal.
secret
professionnel
Les codes, pénal et de santé publique, détaillent
abondamment les règles auxquelles sont soumis les infirmier(e)s
concernant le respect du secret professionnel. Ces règles concernent
toutes les faces de la profession d'infirmier dans une entreprise :
-
les entretiens infirmiers : les salariés viennent à l'infirmerie pour
des soucis personnels ou liés au travail, pour des problèmes médicaux
ou des conseils
- les dossiers médicaux : ils sont sortis lors
des visites médicales
ou pour chercher ou noter des informations, des résultats d'examens, ...
- la
pharmacie : certains médicaments données
par l'infirmier (sous protocole ou sur avis du médecin régulateur du
SAMU) peuvent donner des indications sur la pathologie d'un salarié.
L'infirmier est également responsable des médicaments contenus dans la
pharmacie d'urgence. Ils doivent rester sous clé.
- l'informatique
: les données médicales tout comme les données sous format papier
doivent être protégées et l'écran non visible par un tiers.
Ces
cas sont assez classiques mais quelquefois l'infirmier peut se faire
"piéger" par des personnes prêchant le faux pour savoir le vrai ou
laissant croire quelque chose d'acquis pour avoir confirmation. Sans
sombrer dans la paranoïa, il faudra toujours être vigilent devant ce
genre d'affirmation ou de questionnement.
Outre la
responsabilité pénale, il en va de la crédibilité de l'infirmier dans
le petit monde fermé que peut être une entreprise. La confiance des
salariés est difficile à acquérir, elle peut être perdue très vite en
cas d'indiscrétion.
En cas de doute sur une information à
donner, il y a toujours la possibilité de demander au médecin du
travail de faire une réponse.
Secret de fabrication
La divulgation d'un secret de
fabrication peut entrainer une peine d'emprisonnement de 2 ans et une
amende de 30 000 euros d'après l'art L1227-1 du Code du travail.
Dans les
contrats de
travail, il peut y avoir
une clause de confidentialité concernant les procédés de fabrication,
les publications, les autres emplois du salarié, ceci étant valable
pour les infirmier(e)s de l'entreprise. Un travail sur un cas
d'entreprise pour le DIUST, la licence santé travail ou un master devra
être validé par l'employeur avant d'être diffusé, entre autre pour
éviter la divulgation d'un procédé ou secret de fabrication.
Les produits utilisés dans les
entreprises peuvent nécessiter des surveillances particulières des
salariés en fonction de leurs constituants. A cause du secret de
fabrication, les fiches de données de sécurité ne donnent pas toutes
les indications nécessaires à la bonne surveillance des salariés. Le
médecin du travail peut demander la composition chimique exacte des
produits, sous pli confidentiel.
Accident du travail et
maladie professionnelle
Dans le cas d'un accident du
travail ou
d'une maladie professionnelle, le médecin du travail n'est pas soumis
au secret professionnel. Par déduction, l'infirmier ne doit pas
l'être non
plus, cependant la "discrétion" est toujours conseillée. En cas
d'accident du travail, il conviendra de relater uniquement les faits et
de ne pas faire de diagnostic. (voir le dossier
sur les accidents du travail et les maladies professionnelles)
Handicap
Les salariés
handicapés peuvent faire connaitre leur taux à l'entreprise pour
bénéficier d'aménagement de poste de travail ou d'horaire selon la
nature du handicap. Certains handicaps ne sont pas "visibles"
comme une surdité et la déclaration obligatoire d'emploi des
travailleurs handicapés (DOETH) doit rester confidentielle, dans
l'intérêt des salariés.
Assistantes
L' arrêté du 27 décembre 2004 relatif
au titre professionnel de secrétaire assistant(e) spécialisé(e)
médico-social(e) indique : "Sa
fonction le (la) plaçant au coeur de l'information, le respect
rigoureux du secret professionnel, et plus généralement de l'éthique
propre au secteur, est pour lui (elle) une préoccupation quotidienne." Les
assistant(e)s sont soumis(es) au secret professionnel. Ils
ont accès
aux données médicales contenues dans les dossiers, aux couriers
médicaux et aux résultats d'examens.
Secouristes
Les IST sont souvent moniteurs
des sauveteurs-secouristes du travail et la question du secret peut
être évoquée en formation ou recyclage.
D'après l'article 226-13 du Code pénal, les secouristes sont
aussi
soumis au secret par rapport aux informations reçues lors d'une
intervention concernant les traitements, pathologies, symptômes,
antécédents et vie privée du salariés pris en charge. Le secouriste
peut donner des informations confidentielles aux personnels effectuant
la prise en charge du blessé ou malade, pompiers, SAMU, infimier(e)s,
médecins qui sont soumis au secret professionnel. Si une fiche
d'intervention existe, elle ne doit pas être visible par les témoins
sans rapport avec l'intervention médicalisée, et sera archivée, par
exemple dans le dossier médical du salarié.
Informatique
Les
données informatiques doivent être protégées par un mot de passe,
celui-ci étant changé régulièrement. Les logiciels de santé au
travail possèdent des accès limités selon le personnel qui accède aux
données (superviseur, administrateur, utilisateur, ...)
Dans son
bureau, l'infimier(e) veillera à ce que l'écran de son ordinateur ne
soit pas visible par les visiteurs. L'économiseur d'écran pourra
être associé à un mot de passe en cas d'absence prolongée. (Voir le dossier sur
l'informatique)
Dossiers médicaux
Les
dossiers médicaux sont sous la responsabilité du médecin du travail et
ne doivent accessibles qu'au médecin du travail, à son assistant(e) et
à
l'infirmier(e). Ils doivent être placés dans une armoire fermée à clé.
Pendant
les visites médicales, un dossier restant sur le bureau entre 2
visites pourra être retourné de façon à ne laisser aucune
information
en "libre lecture" par le salarié suivant. En règle générale, les
dossiers doivent être rangés au fur et à mesure du passage des salariés
ou placés dans un endroit non visible (tiroir, casier, ...) en
attendant d'être complétés et rangés.
Afin de préserver la
confidentialité des données contenues dans les dossiers médicaux, leur
transmission se fera de médecin à médecin, avec l'autorisation datée et
signée du salarié, sous double enveloppe et envoyé en recommandé avec
accusé de réception. (voir la page sur
les dossiers médicaux)
Locaux
médicaux
Afin de permettre le respect du secret professionnel, les
locaux médicaux doivent être insonorisés et éloignés des services
administratifs pour préserver l'anonymat des salariés venant au service
médical pour raisons médicales.
La législation sur les locaux ne
concerne que les médecins du travail et leurs assistantes (voir le dossier sur les locaux
médicaux). Les
locaux des infirmiers ne sont soumis à aucune obligation légale au
niveau de
l'insonorisation et de leur disposition.
Une façon de palier au
manque d'insonorisation est de mettre un fond musical par exemple dans
la salle d'attente du service.
Publications, présentations,
travaux
Peu
d'infirmiers en santé au travail publient leurs travaux, cependant ils
peuvent être amenés à les présenter. Des travaux sur l'entreprise sont
demandés pour le DIUST, la licence et le master de santé-travail.
Des études peuvent aussi être présentées lors des colloques, séminaires
ou journées de formation ou d'information. Certains publient des livres
comme Monique Laborde et son fameux "Dehors les p'tits lus" ou dans des
revues spécialisées (revues infirmières ou sur le monde du travail).
Dans
tous les cas, l'employeur doit donner son accord s'il est cité et pour
vérifier que des données "sensibles" ne soient pas divulguées. En
général, dans le contrat de travail de l'infirmier, se trouve une
clause de confidentialité concernant les éventuelles publications.
Et sur le
net ...
Dans un article
paru sur ZDNet.fr le 31 juillet 2009, on peut lire : "Nucleus cite ainsi l'exemple d'une
infirmière partageant sur Facebook
des données relatives à des patients avec d'autres infirmières du même
établissement. La meilleure stratégie pour son employeur serait sans
doute de mettre à disposition du personnel une application
collaborative, en interne, et sécurisée afin de prévenir le recours à
des services Internet publics comme Facebook."
On
trouve également des blogs où les infirmiers racontent leur
quotidien. De même sur les forums de discussion, les infirmiers
peuvent échanger sur des problèmes liés à leur travail.
En
utilisant un pseudo et en donnant un minimum d'informations (ne pas
citer de nom, d'entreprise ni de ville), la diffusion sur le net est
possible.